VIOLAINE BARROIS
INFO


1. LA POURPRE DE BERRE

  • Étang de Berre 
  • Laboratoire Plastique Pamparigouste
  • Bureau des Guides GR2013

Avec : L’institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions | Christelle Gramaglia, sociologue au laboratoire G-Eau | Sylvain Rigaud du Laboratoire Chrome de l’Université de Nîmes | Le Gipreb | Et la base nautique municipale de Vitrolles

Extraction de la pourpre de Rapana venosa, d’après les travaux d‘Inge Boesken Kanold, Artiste peintre spécialiste de la couleur pourpre, qui porte un intérêt particulier pour les couleurs rares, anciennes et perdues.


Lire le projet
Le plastique, omniprésent dans les océans et sur les côtes, est devenu une composante incontournable des environnements marins et terrestres. Il pénètre les cycles de vie des espèces et, en se fragmentant en microplastiques, s’intègre au réseau trophique. Cette forme de pollution chimique suit souvent des chemins tracés par les activités humaines, C’est aussi par le délestage des eaux de ballast des bateaux qu’est arrivé Rapana venosa dans l’étang de Berre. En liant la visibilisation du plastique à une espèce exotique envahissante plutôt qu’à une espèce patrimoniale (tortue, phoque), cette approche propose de résoudre la tension entre une nature sacralisée et la dynamique biophysique dans laquelle nous évoluons. Elle réinscrit l’humain dans un processus de renouvellement et d’invention face aux contraintes toujours changeantes de l’environnement, en redonnant à la nature sa place active dans notre devenir partagé.
Les fêtes de l’Étang - Miramas, juillet 2024



Les salins de Marignane, octobre 2025




Pourpre de Rapana venosa

L’assemblée finale Pamparigouste, Vitrolles, novembre 2025
2. LA RÉPUBLIQUE REFLEXE DE L’OURSIN

Parc National de Port-Cros
Fort du Pradeau - Presqu’île de Giens

Avec Tom Sidaine, philosophe de l'environnement 

Soutenu par Voyons Voir


En immersion pendant 5 semaines au coeur du Parc National de Port-Cros, au large de sa ville natale Hyèroise, l'artiste interroge les relations que nous entretenons avec notre environnement et propose une réévaluation de ces liens. Violaine y approfondit une pratique matérialiste ancrée dans la transformation de matériaux naturels en pigments et émaux, L'oeuvre circulaire composée de stèles en grès émaillé avec des cendres, terres et ocres locales, traduit la vision de plusieurs espèces marines et terrestres de la communauté biotique du parc. Ce prisme des visions nous invite à explorer d'autres intériorités, non-humaines.




Émaux de la géologie & flore du territoire provençal : andésite du Rocher de la Garde, ocres du Roussillon, cendres d’eucalyptus de Porquerolles, cendres d’olivier, cuisson au four à bois Sasukenei. 




3. PAR LES BLÉS

DESIGN PARADE TOULON 2024

Comissariat Martin Lichtig

Il existe d’autres manières de raconter le territoire. Elles sont différentes de celles d’hier, des paysages cadrés et figés, de quelques points de vue incontournables, éprouvés. À un unique récit, réduit et reproduit en tableaux et cartes postales, répliquent d’autres voix. Celles de ces artistes se révèlent ici d’autant plus singulières qu’elles participent de la relativisation d’un mythe, peut-être d’un mirage, en l’occurrence celui du Sud, de la Provence, du littoral et de l’arrière-pays méditerranéens. Au premier rang de ces autres manières de raconter le territoire, il y a peut-être d’abord d’autres manières d’être vis-à-vis de lui.
 L’investigation tend parfois à l’introspection. Ni les chemins empruntés, ni les regards portés ou les objets collectés ne prétendent alors à l’objectivité ou ne relèvent d’une science exacte du territoire. À l’inverse, ces choix révèlent autant d’attentions particulières dirigées le plus souvent vers des fragments significatifs (une carrière, un port, un tas de gravats) mais également vers des fragments, a priori aussi triviaux qu’une terre, investis d’une nouvelle signification. Ainsi, le fragment d’un territoire commun est associé à un souvenir intime et, de fait, en capacité de le réactiver. Ces fragments, considérés un temps seulement pour eux-mêmes, constituent finalement des accès, voire des liens, privilégiés à l’écosystème dont ils ont été extraits pour nous permettre de nous y retrouver. Et, à travers eux, les cimaises et autres pans de mur opaques se font portes ouvertes sur un territoire reformulé, subjectif, de nouvelles géographies.




4. DÆMONOLOGIE

Cove Park, Helensburgh
Scotland

Magnetic 3
Fluxus Art Projects
Ce projet s’appuie sur les imaginaires scientifiques, alchimiques et patriarcaux de l’époque moderne pour interroger les relations entre pouvoir, savoir et domination. Inspiré par les écrits de Carolyn Merchant dans The Death of Nature, il explore les métaphores sexuelles et violentes qui ont façonné la vision mécaniste de la nature, des dissections aux pratiques de laboratoire. Ce projet cherche à réinventer ces métaphores, en créant un espace où les processus organiques et indisciplinés—fermentation, érosion, transformation—retrouvent leur autonomie.L’œuvre dont le titre fait écho au livre de Jacques VI d’Écosse sur la sorcellerie, prend la forme d’une installation céramique accompagnée d’une publication. 

L’Écosse, avec ses controverses historiques sur les procès de sorcières et son récit mythologique gaélique de la la Cailleach, déesse des saisons froides et créatrice des paysages, offre un terrain fertile pour réexaminer ces récits. Sur la péninsule de Rosneath, base stratégique de sous-marins nucléaires en Atlantique Nord, le projet invite le public à une expérience sensorielle et réflexive où le contrôle laisse place à l’écoute, et où la quête de vérité scientifique devient un dialogue avec le vivant, loin des gestes conquérants qui ont marqué l’histoire.