INFO
En collaboration avec : Inge Boesken Kanold, Guillaume Marchessaux (IMO – Aix-Marseille Université, CNRS, IRD, membre du conseil scientifique du GIPREB) et Tom Sidaine (Doctorant en philosophie de l’écologie, Aix-Marseille Université, CNRS, UMR 7304 Centre Gilles Gaston Granger)
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Le déplacement n'est pas seulement technique. Là où la pourpre d'Hexaplex trunculus est associée à un manque : une teinture perdue qu'il fallait retrouver, celle de Rapana venosa naît d'un excès : une espèce que l'on cherche justement à réguler. Le philosophe Tom Sidaine, qui accompagne le projet, formule ce basculement comme une dialectique entre éradication et attachement : ce qui commence comme instrument de régulation d'une espèce envahissante devient, par la pratique même de l'extraction, une fin en soi — la rapane cesse d'être seulement une nuisance pour devenir partenaire d'un usage.
S'y ajoute une tension éthique plus large, entre la valeur de l'individu : la mise à mort d'un grand nombre de mollusques, et celle de l'écosystème qu'ils menacent, une tension que je ne cherche pas à résoudre mais à tenir ouverte. En convoquant Augustin Berque et Jakob von Uexküll, Tom Sidaine propose enfin de lire cette pratique comme une tentative de ressaisir une espèce exotique dans un milieu culturel et symbolique méditerranéen : l'intégration comme processus interprétatif, plutôt que comme éradication ou acclimatation silencieuse.